Sous les voûtes apaisées de la chapelle Sainte-Anne, un souffle nouveau habite désormais les pierres. Jadis consacrée, puis plongée dans le silence, elle s’éveille aujourd’hui à une vie différente, offerte à tous.
Le lieu s’est métamorphosé avec délicatesse : les murs, gardiens du temps, accueillent désormais des expositions passagères, les instants partagés y dessinent une trame vivante, faite de culture et de rencontres.
Ici, chacun franchit le seuil comme on entre dans une mémoire retrouvée. Le patrimoine n’est plus figé, il se vit, se ressent, se réinvente au présent, dans le regard et les pas de ceux qui s’y attardent.
Et la lumière elle-même participe à cette renaissance : les vitraux nouvellement créés déploient leurs couleurs, transformant chaque rayon en poésie. La chapelle n’est plus un simple vestige, elle est devenue un lieu vibrant, où le passé et la création s’entrelacent dans une clarté vivante.
C’est dans ce cadre que j’ai eu l’honneur de participer à la création des 10 nouveaux vitraux qui habitent aujourd’hui la chapelle.
La municipalité a proposé plusieurs thèmes, inspirés de la vie d’autrefois à La Fouillouse et de ses habitants. À partir de ces pistes, j’ai réalisé de nombreuses esquisses, explorant les récits et les gestes d’un quotidien révolu mais encore vibrant.
Sur le mur de droite, une palette de couleurs froides s’impose, tandis que le mur de gauche se pare de tonalités plus chaudes. Au fil de la journée, la lumière glisse et transforme ces contrastes, offrant à l’espace une atmosphère changeante et subtile. Deux vitraux d’origine ont également été restaurés par un maître verrier, prolongeant ainsi le dialogue entre passé et présent.
Parmi ces esquisses, trois ont été retenues par le jury.
La première, intitulée « La vie des cagans », rend hommage aux paysans d’autrefois, ces travailleurs de la terre qui cultivaient la vigne et le blé. L’oiseau qui y apparaît n’est pas propre à la région, mais il a été choisi comme symbole : celui de la fidélité et de l’attachement. Toujours il revient au même lieu, comme un écho aux racines et aux familles ancrées dans leur terre.
La seconde, « La vie autour du Furan », évoque l’activité qui s’organisait autour de l’eau. Elle met en lumière le travail des habitants : moudre le grain grâce aux moulins à eau, irriguer les cultures, l'extraction de huile de colza, sans oublier les barrages qui rythmaient ces usages.
Enfin, le dernier vitrail "La vie ouvrière" célèbre les savoir-faire artisanaux et l'histoire ouvrière de la région. On y découvre la fabrication du chocolat Escoffier, l’usinage des pointes, l’armurerie, la confection billes d'acier, les briques et tuiles, ainsi que l’art délicat du ruban et de la passementerie, autant d’activités qui ont façonné l’identité locale.
Comme évoqué plus tôt, le lieu accueille aujourd’hui des expositions passagères. J’ai ainsi l’honneur d’y présenter mes œuvres les 5, 6 et 7 juin 2026.